Le projet « Rahba » s'inscrit dans la vision stratégique de faire de Kairouan une ville attractive, inclusive et diversifiée qui valorise son identité et son héritage historique. Il vise à améliorer la qualité de vie des habitants et l'expérience des visiteurs de la Médina.
Dans le cadre de son opération, au niveau du périmètre le plus animé du tissu urbain intra et extra muros, la commune aspire à préserver et valoriser le cachet historique et culturel, à travers la réhabilitation et une nouvelle utilisation du bâti. Afin de protéger les spécificités socio-économiques et socio-culturelles, la commune souhaite mettre en œuvre des actions pour favoriser l'inclusion sociale et le développement des activités artisanales pratiquées par les femmes. Elle envisage également d'aménager des espaces pour organiser des évènements à vocation culturelle.
Pour ce faire, la commune propose une opération intégrée et trans-sectorielle s'articulant autour de la réhabilitation des infrastructures, des espaces publics et des édifices remarquables, de l'équilibrage des activités économiques et de la redynamisation de certains souks.
À travers cette opération, la commune ambitionne d'assurer des services de qualité, accessibles à tous, d'offrir un environnement sain, de mieux organiser et gérer son territoire, de booster l'économie locale, de diversifier les activités et de mieux exploiter le patrimoine tangible et intangible de son centre ancien.
Contexte
Première ville fondée au Maghreb par les Aghlabides en 670, Kairouan, chef-lieu de gouvernorat, est située au centre-ouest de la Tunisie (à 150 km de Tunis et 50 km de Sousse). Première ville arabe et musulmane d'Afrique du Nord, elle est souvent désignée comme quatrième ville sainte de l'islam. Grâce à sa Médina, ses marchés organisés par corporations à la mode orientale et ses édifices religieux, dont la Grande Mosquée, Kairouan est inscrite depuis 1988 sur la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO.
La ville de Kairouan est dotée d'une activité économique diversifiée, centrée sur les métiers de l'artisanat (tapis, tissage, dinanderie) et d'un savoir-faire gastronomique (makroudhs, keftaji, lablabi, ftayer...). La ville connaît quelques défis sur le plan urbanistique — logement, transport — mais aussi sociaux : analphabétisme, accès aux services...
La ville de Kairouan est tout de même attractive puisqu'elle attire à la fois des touristes et des étudiants, en faisant l'un des pôles touristiques et universitaires du centre du pays.
Enjeux
Le principal enjeu pour la commune de Kairouan est de préserver et de valoriser son héritage historique et culturel dont la Médina est le symbole. Le centre ancien, plus particulièrement le périmètre sélectionné pour l'opération, constitue un échantillon représentatif des enjeux auxquels la ville fait face.
En effet, la zone connaît une dégradation de l'héritage bâti et abrite de nombreux immeubles menaçant ruine. Le paysage architectural est dégradé, les infrastructures sont délabrées et le périmètre manque d'équipements et de branchements aux réseaux.
L'occupation anarchique de l'espace urbain et la prolifération d'activités commerciales non autorisées rendent la mobilité des personnes et des marchandises compliquée. Le caractère non inclusif de l'espace et des problèmes de sécurité rendent le périmètre répulsif pour les femmes.
La dégradation de la situation socio-économique des habitants de la Médina se caractérise par un taux de pauvreté très élevé (34,54 %), un taux de chômage important (18,7 %) touchant en majorité les femmes et les jeunes, et un taux d'analphabétisation de plus de 17 %.
Malgré son potentiel et son attractivité pour les habitants de la ville et des touristes, le centre ancien de Kairouan devient un lieu répulsif par la salubrité des lieux (problèmes sanitaires et environnementaux) et l'absence totale d'espaces verts.
La zone extra muros du site d'intervention est envahie par les constructions anarchiques et matérialise la perte du cachet architectural local, malgré sa proximité directe avec le tissu médinal. D'autres zones à proximité souffrent du manque d'infrastructures sanitaires et vitales (branchements aux réseaux ONAS et SONEDE).
Objectifs
- 1Réhabiliter et restructurer la zone « Rahba »
- 2Requalifier et renforcer les souks
- 3Rénover et réaffecter les bâtiments remarquables
Composantes et actions
Amélioration des réseaux d'infrastructure
- 01Réhabilitation du réseau d'assainissement (Rahba, Souk du 14 Janvier)
- 02Rénovation et extension du réseau d'approvisionnement en eau potable
- 03Réhabilitation du réseau de télécommunications
- 04Installation d'un réseau d'éclairage public
Aménagement des espaces publics et des façades
- 05Restructuration de la mobilité
- 06Revêtement du sol
- 07Installation de mobilier urbain
- 08Aménagement d'espaces verts
- 09Aménagement d'espaces restructurant le commerce ambulant
- 10Aménagement d'une esplanade pour des manifestations en plein air
- 11Recomposition des façades pour leur donner le cachet architectural local
- 12Réhabilitation des façades à cachet traditionnel
- 13Reconstruction et restauration des façades de construction IMR
- 14Uniformisation des auvents
- 15Installation de préaux en bois
Restauration du bâti et des monuments
- 16Restauration et entretien des toitures terrasses
- 17Restauration de boutiques (ou d'espace couvert)
- 18Reconstruction des murs
- 19Réhabilitation des lots spéciaux
- 20Étude et diagnostic de l'état existant et inventaire des travaux
- 21Réalisation des travaux
Réaffectation et valorisation des locaux
- 22Réaffectation de boutiques
- 23Activités administratives
- 24Organisation d'évènements culturels
- 25Organisation d'évènements festifs
- 26Revitalisation des activités commerciales et artisanales
- 27Promotion des activités touristiques
- 28Promotion des activités culturelles
- 29Promotion du travail associatif