Pour la régénération de son centre ancien, la commune de Kélibia met en œuvre une opération qui vise à revitaliser son centre ancien avec des actions intégrées et complémentaires. Ce projet a pour ambition, sur le long terme, de sensibiliser la population locale, en particulier les nouvelles générations, à l'importance de la préservation du patrimoine matériel et immatériel de la ville et de les conduire à mener une réflexion sur le devenir de la Médina.
Le projet vise dans un premier temps à améliorer l'existant en réhabilitant les réseaux et en aménageant les accès et les espaces publics. Il vise également à valoriser le potentiel architectural de la Médina de Kélibia, en réhabilitant des monuments remarquables.
Enfin, dans une optique de dynamisation du centre historique, le projet prévoit d'initier des projets d'hébergement touristique, d'améliorer les logements des habitants et de développer une offre d'activités culturelles.
Contexte
Kélibia est une ville côtière située dans la péninsule du Cap-Bon, à l'extrême Nord-Est de la Tunisie, dans le gouvernorat de Nabeul. Tournée à la fois vers la mer Méditerranée et vers l'intérieur des terres, la ville dispose d'une localisation stratégique qui lui permet d'être à la fois une région agricole, un pôle de tourisme balnéaire et un centre portuaire.
La ville s'est développée autour de 4 piliers majeurs : l'agriculture (vignes et agrumes), la pêche, le tourisme (balnéaire et culturel) et l'artisanat (tissage traditionnel, céramique, bois).
La ville de Kélibia abrite un riche patrimoine historique et architectural, parmi lequel la forteresse byzantine perchée sur un promontoire dominant la mer, ainsi que de nombreuses mosquées et zawiyas. La ville est marquée par une forte expansion urbaine, souvent anarchique, autour d'un centre ancien en déclin, mais avec une forte identité.
Le centre ancien de Kélibia, localisé au cœur de la ville, proche de la côte, est aujourd'hui en déclin malgré une facilité d'accès, une liaison aux principaux services et équipements et un patrimoine architectural riche. Ce noyau, composé de deux quartiers historiques — Bâb Bled (XIIIe siècle) et Sidi Ahmed (XVIIe siècle) — conserve des éléments du passé carthaginois, romain, grec et arabo-musulman. Il est cependant confronté à de multiples défis : dégradation du bâti, ségrégation sociale, déclin des activités économiques, disparition du savoir-faire artisanal, habitat insalubre, constructions anarchiques, infrastructures vétustes et perte d'attractivité urbaine et touristique.
Kélibia est une ville à fort potentiel de développement, où la valorisation du patrimoine, la dynamisation économique et la préservation du cadre de vie sont des enjeux majeurs pour un développement harmonieux et durable.
Enjeux
À travers l'opération de régénération de son centre ancien, la municipalité de Kélibia vise à transformer un espace marginalisé et en déclin en un lieu dynamique, attractif et inclusif. L'opération, qui se veut ambitieuse, menée à travers une approche participative et multisectorielle, cherche à réconcilier patrimoine et modernité et à faire de la Médina un pôle d'attractivité économique, sociale et culturelle à l'échelle locale, nationale et internationale.
La municipalité vise un développement durable, participatif et intégré, qui combine conservation patrimoniale, revitalisation économique, dynamisation culturelle et amélioration du cadre de vie.
Principalement, la ville souhaite sauvegarder et mettre en valeur les vestiges et le cadre architectural hérités des civilisations successives, en redonnant au centre ancien son identité perdue. Le projet œuvre à réduire la fracture urbaine, à intégrer les jeunes et les femmes dans la vie économique et culturelle, et à lutter contre l'exclusion et la pauvreté.
Sur le plan économique, la municipalité ambitionne de créer des opportunités d'emploi, de revitaliser les métiers traditionnels et d'attirer les investisseurs pour stimuler l'entrepreneuriat (notamment touristique).
Ceci passe évidemment par l'amélioration de l'hygiène et du cadre de vie des habitants, avec l'introduction de pratiques durables (tri sélectif, végétalisation) et l'adaptation de l'infrastructure aux enjeux climatiques (gestion de l'eau).
Enfin, l'opération de régénération doit également permettre d'assurer une continuité spatiale entre le centre ancien et les autres quartiers de la ville moderne, pour renforcer la cohérence fonctionnelle et urbaine.
Objectifs
- 1Améliorer la qualité de vie et l'attractivité de la Médina
- 2Préserver l'identité architecturale, culturelle et artisanale
- 3Intégrer la Médina dans le tissu économique et touristique de la ville
- 4Encourager l'entrepreneuriat et l'emploi des jeunes
Composantes et actions
Réhabilitation des réseaux d'infrastructure
- 01Réhabilitation du réseau STEG, raccordement des ménages et commerces au gaz naturel
- 02Raccordement au réseau ONAS d'une partie du quartier non assainie et installation de réseau eau pluviale
- 03Équiper les rues en éclairage public
Aménagement des espaces publics
- 04Réhabilitation des voiries existantes par le pavage des ruelles
- 05Aménagement des places publiques (place Sidi Abdeslam, place Bab Bled, place Sidi Ahmed et place du marché...)
- 06Traitement des façades
- 07Végétalisation des ruelles
- 08Création d'un projet de tri sélectif des déchets ménagers
Réhabilitation et valorisation des monuments
- 09Réhabilitation et restauration des mausolées de Sidi Abdesslem, Lella el Khadhra et Sidi Ahmed
- 10Réaménagement de la galerie Raouf Gara et Mohamed Samoud
Développement touristique et culturel
- 11Création de « l'Auberge du Scout » à Sidi Ahmed
- 12Création du musée des arts et traditions populaires
Amélioration de l'habitat
- 17Réhabilitation des logements par 2 propriétaires étrangers
- 18Réhabilitation de 5 logements par un organisme public